Lundi 9 août 2010 1 09 /08 /Août /2010 18:04

N°13, 1 légozane. Prix unique pour tout le royaume et au-delà.

 

 

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LEGO SOIR

 

Journal de divertissement populaire illustré fondé le Mercredi, paraissant par quinzaine.

Edité à CRAPIGRAD, chez MM. I. Ncompétant, A. Bsent, V. Squelette et Jacquot.

Gravures de Maître Gérard Lemercier, graveur à l’acide à Crapigrad.

Photographies de Valérie Squelette.

 

 

Éditorial : Tout est de la faute de Jacquot

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Dinosaures !!

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Nouvel envoi d’un stagiaire en journalisme au front de la guerre lutino-playmobil.

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Résultats du Grand Concours de Pyrogravure.

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Philosophes morts d’une overdose de dialectique à Crapigrad.

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Mamie douceurs se venge partie 2.

 

 

 

Soixante ans de retard

Nous revoilà

(Qui ça ?)

Aujourd’hui nous reprenons la publication de votre trimensuel bilatéral préféré, le d’ores et déjà remplaçable LEGO SOIR ; nous avons pris du retard car les feuilles de soja qui servaient jusqu’alors de papier d’imprimerie ont dû être réquisitionnées par l’armée qui avait déjà bien du mal à faire comprendre à sa bleusaille qu’un pamplemousse, c’est une arme, ça ne se mange pas ! Lequel soja est moulé en forme d’entrecôtes ou de boîtes de singe et teinté au sang de playmobil pour plus de réalisme. Nous reviendrons ultérieurement sur cette scandaleuse affaire de steaks végétaux, car c’est loin d’être uniquement des problèmes de papier que nous avons rencontré. En vérité, tout est de la faute de jacquot.

C’est arrivé le jour de la Saint-Philias, le 1er avril de l’an IX (hier). Jacquot, qui venait de revenir d’un reportage gastronomique où il avait servi de repas, avait acheté à sa boutique de farces et attrapes préférée (Hildur Vicking Etc.) des centaines de ballons, soixante bulbes de groseille pralinés et environ une tonne et demie de langues puantes. Fort de cet attirail, il projeta de réussir le casse du siècle et de déclencher la colère des dieux. Nous avons refusé, et il a choisi, pour se venger, de manger l’imprimante et de servir les langues puantes au souper. Nous nous sommes régalés, mais pas lui, il est tombé malade. Alors qu’il s’écoulait, les langues chantaient d’une voix métallique. Il nous a tout de même fallu du temps pour retourner à la boutique de haute technologie à Playmoville et y retrouver une imprimante pour pas cher. Vous connaissez la suite : nous rédigeons le présent article, nous imprimons, nous scannons, nous imprimons et nous renvoyons à l’imprimerie.

Ceci a été fait en 7 secondes.

 

 

 

 

Un groupuscule de créatures antédiluviennes ouvre une boîte (de thon) à Legocity

Le trafic de fossiles décidément fait fureur au Nord du royaume, et en particulier à Lopoliv où un savant fou du nom de DIEULEPRENDT (du célèbre duo comique, Dieuleveult-Dieuleprendt) a remis au goût du jour des espèces a priori disparues, telles que le tricéradon, le stégatops, et le diplodosaure. Ces dinosaures, lassés des limbes de l’enfer, sont donc remontés à la surface et ont détruit le cheptel de plusieurs fermiers éleveurs de la région de Lopoliv.  Quand Dieuleprendt a été désigné comme cerveau de l’opération, il lui fut demandé  de s’expliquer et de régler cette affaire sinistre de dinosaures. Il prétexta la « raison scientifique » selon laquelle tout est permis et une « folie passagère » qui lui fait faire n’importe quoi. Poussé par un tribunal populaire composé de notables Lopolivois, il décida de monter sa « propre boîte » avec l’aide des dinosaures. Un stégocéphalosolophus se présenta pour en être le PDG, sa candidature fut ratifiée.

Quelles sont les activités de cette entreprise dont le nom est « dinotopius –des services pout tous, une mutuelle, un vélo » ? Nous n’en savons actuellement rien, si ce n’est que le groupe fait « des remises express dès huit cent légozane d’achat ».  Nous n’avons pas pu interviewer   M. le Président Directeur Général, car lui et toute son entreprise, suivie de MM. Dieuleveult et Dieuleprendt, émigra en Amérique, à Legocity, pour sans doute y faire fortune et y trouver l’amour et y construire une base secrète pour détruire le Monde. Aux dernières nouvelles, le groupe Dinotopius aurait eu des démêlées avec la justice de Legocity, et son PDG aurait été assassiné par un chanteur à succès du nom de Jérémy. Les bénéfices, nous rapportent nos espions du Gang des Haches à Legocity, sont colossaux, et l’entreprise possède dix milles filiales de deux à trente six employés, spécialisées chacune dans l’une des obscures branches du secteur tertiaire.

Une OPA récente au bénéfice de Dinotopius aurait permis de phagocyter Danone, General Motors et la célèbre Bilboquet’s Industry à New York.

Enfin, il apparaîtrait que l’entreprise se soit proposé de racheter la ville et ses habitants, pour en gérer les ressources.

 

 

 

La guerre entre les lutins et les playmobils s’éternise : déjà trois jours de conflit.

Ces derniers jours, le conflit qui agite nos marches et maréchaussées a ôté la vie, non seulement à quantité d’obus morts pour la Lutinie et un monceau de lutins tombés pour l’Obusie, mais également à la majeure partie de notre corps expéditionnaire, civilisateur et pacificateur, ainsi qu’aux cinquante mille casques jaunes et G.I. Joe envoyés, dans un but non moins noble, par la métropole d’outre-mer Legocity. Pour beaucoup de ces jeunes hommes vaporisés, transpercés et vidés de leurs viscères, ce n’est plus maintenant qu’une métropole d’outre-tombe. C’est pourquoi, le président de ces contrées lointaines, Winston W. Ear, a été vu fouillant dans son vieux coffre à jouets dans l’espoir d’y trouver un substantiel supplément de chair à canon. Sans résultats, du reste. Son vice-président l’a aidé en dépoussiérant ses vieilles vitrines, et en y trouvant, dans un état plus ou moins déplorable, des Stormtroopers du temps héroïque des guerres contre les armées démoniaques et les dinosaures d’Idyllia. Leur envoi fut immédiat. Et leur retour, sous forme de bouillie infâme de plastique fondu aux pépites de chocolat, ne le fut pas moins. Notre bon reporter Jacquot a tout vu de leur débâcle, dont voici un petit aperçu à travers le témoignage d’un jeune 2ème classe de l’armée Lutin, Lucien de Saint-Verdun :

« Tout ce dont je me rappelle, c’est de ce hurlement perçant. J’étais tranquillement en train de peler des cartoufles pour mettre dans notre obusier de 420, quand « ils » ont remis ça. Ils se sont mis à faire tonner leur artillerie, et ce furent bientôt, non des centaines, mais des milliers de pamplemousses qui nous tombaient dessus par paquets. Tous mes camarades de tranchée étaient à terre, les yeux affreusement piqués. Dans le bunker, il me semble avoir entendu quelque chose comme une conversation étrange et étouffée par le fond sonore (« Aaah ! ça pique ! ça pique ! »):

« -Non, sergent : plus de nouvelles du capitaine Cthulhu… Des agrumes, maintenant ! Répliquons !! Où sont les pamplemousses ?

-Plus de pamplemousses !

-Rappelle-toi ton entraînement, soldat ! Si le lieutenant Slipovor était encore là, il te le rappellerait en te tapant dessus : quand y’a plus de pamplemousses, utilise ta cervelle et sors les citrons du hangar !

-Yes, sir ! »

Alors j’ai vu les as monter dans leurs bolides et décoller. Les dirigeables-citron du capitaine Cronusse, une fois au-dessus des lignes ennemies, causèrent des ravages démesurés avant de s’écraser parmi nos troupes en piquant yeux et plaies gangrénées, transpercés de centaines d’asperges tirées par les mitrailleuses ennemies. Au soir, nous dûmes encore subir les assauts dévastateurs de la Division Tarot et Belotte (DTB). Puis les soldats clones arrivèrent dans leurs grands vaisseaux argentés. Leur arrivée ne changea pas beaucoup le cours de la bataille. En fait, il ne le changea pas du tout. Les Playmobils, en face, avaient sorti les lance-flammes et s’en donnèrent à cœur joie. Les armures en plastique, les petites foulées de l’infanterie et les pentapodes ZF-55TT n’y purent rien : au petit matin, toute la lande empestait le fromage fondu et le plastique en décomposition. »

Plus d’informations la quinzaine prochaine.

 

 

 

Concours de pyrogravure : résultats du tiercé

La semaine dernière, le Comité pour l’Art et la Culture rendait un verdict sans équivoque : le très prisé concours de pyrogravure a été gagné par un mystérieux artiste tout de noir vêtu, actuellement exposé à la Fondation d’art Contemporain de Bobylonne. Il tait son nom et ne dit rien à personne, si bien que certaines rumeurs selon lesquelles il serait en réalité un « robot en plastique » circulent dans le milieu artistique de Bobylonne. Son œuvre, pièce maîtresse d’une série à nulle autre pareille, qu’il appelle « série d’animaux fantastiques », est actuellement visible à Staniposlav, au nord de Bobylonne. Le jury lui a décerné le premier prix (un aller simple pour la lune), pour « la composition, les couleurs, le sens très aigu de la mise en espace, une complète réactualisation de la modernité. Nhââh. » Derrière l’œuvre majeure « canard-tortue » du maître, viennent en second l’autoportrait de Gérard Lemercier, « particulièrement profond. On a rarement atteint une telle maîtrise technique ni  une approche aussi vraie de l’âme Légote, à se demander si le mystérieux premier prix n’a pas acheté le jury ». Notre artiste local sera accueilli en héros et en gloire nationale. La troisième place a été décernée à un célèbre pyrograveur de Legocity, Sir Richard Owen. Sa fidèle évocation des créatures de l’Enfer a touché le jury, qui lui a décerné le prix « coups de cœur ».

Voici la reproduction de l'oeuvre de G. lemercier, parce  qu'on a un contrat exclusif avec la bête.

 DSCF3636.JPG

                                    hélas, oui, c'est moche.

 Overdose de dialectique à Crapigrad :

dix-sept morts !

Dont notre bien-aimé Gustyronolave-le-grand

La rédaction se trouvant à Crapigrad, c’est rapidement que nous avons été au courant de ce tragique incident ; à la place de cet article devait se trouver un compte-rendu d’une soirée philosophique dans les appartements du Docker, qui réunissait notamment Gustyronolave, Mastopéradon ET Boctoguilande ainsi que Pastryfidonex, tous éminents écrivains Lerotmanikois de la classe des cestodes de l’université du relais d’Alberstein. Nous interrogeons le Docker.

Lego-soir : Bonsoir, monsieur le Docker… J’irai droit au but : que s’est-il passé hier soir dans vos si beaux appartements meublés en faux acajou brossé couvert de tapisseries pseudo-médiévales en velcro jaune pistache ? 

Le Docker : A vrai dire, je ne sais trop comment cela a pu se passer… Nous parlions endives quand le jeune Boctriazinule a fait suggestion qu’un bon mocafix ou de la fosscao nous ferait du bien et nous remettrait les idées bien en place. J’allais de ce pas descendre chez mamie douceurs car je sais qu’elle aime ces breuvages, mais elle était absente, à Chicago parait-il… Je remontais et remarquais un étrange petit individu barbu vêtu de rouge, un large costume rouge avec des fourrures blanches… Il parlait de dialectique et ma brochette de philosophes semblait fort intéressée… 

L-s : De dialectique ? 

D : Chuuuut !... on pourrait nous entendre… 

L-s : Et puis ? 

D : Je pensai d’un coup qu’il y avait de la tisane au feutre à la supérette Supermarin derrière chez moi… C’était mieux que rien, mais moins quand même  que la fosscao ou le mocafix. Je courais au magasin m’en approvisionnant de onze kilos pour la soirée… 

L-s : Et puis ? 

D : Tout le monde était visiblement mort, ils étaient d’un vert vomitif, le verre de leurs petites lunettes était brisé, ils étaient comme des maisons abandonnées… Tous étaient par terre, ça m’a fait un tel choc… Ma pauvre femme de ménage n’a toujours pas fini de nettoyer le parquet de ces taches de sang impur…        

             

 

 

 mort-d-homme.jpg

 

 

 Ndlr : il n’y a eu ni poignards, ni membres arrachés. Gérard Lemercier a refusé de corriger.

L-s : Et le nain ? 

D : Il avait disparu. Alors je courus chez la médecine, notre médecin, et la prévins du fâcheux incident, et elle vint pour récupérer les organes en bon état. Elle diagnostiqua, tout en découpant du cartilage, que les malheureux étaient décédés.

L-s : Oui, oui, mais de quoi ? 

D : Une indigestion cérébrale, d’après elle, car dans les cerveaux étaient en compote, c’était apetissant et ça sentait bon. 

L-s : Je peux donc dire sans crainte qu’ils sont morts d’une indigestion de cerveau ? 

D : Mettez de dialectique, c’est plus percutant.  

 

 

Mamie Douceurs à Chicago.

Ma rapide confrontation avec le pauvre Dick me convainquit d’une chose : il n’allait pas en rester là. L’ayant rayé du bottin depuis vingt-six heures trois-quarts, je guettais anxieusement, sous le couvert de mon oreiller, le retour de l’esprit frappeur – un grand allié de mon ancien ennemi ou mon ennemi lui-même ? Je ne sais. Vers huit heures du matin, un matin blafard et uniforme de ce février ’98, les premiers symptômes d’une activité paranormale récurrente se firent sentir : baisse furieuse de température, radio parasitée au milieu d’une valse de Vienne d’André Rieu du plus mauvais goût (ce qui en soi n’est pas une mauvaise chose), extraterrestres à tête de homard rampant au fond du jardin (dans la rangée des jacinthes), autant de signes avant-coureurs qui me poussèrent à sortir du lit pour aller scruter la rue déserte.

Des hommes en noir tout raides jaillirent soudain des rues adjacentes. Je reconnus du premier coup d’œil les sombres truands du gang Cicéron. Sans attendre des gestes qui, n’en doutons point, m’auraient réduite en pulpe (pour l’avoir déjà vécue, je dirais cette expérience des plus désagréables), j’envoyai une fusée éclairante en direction du quartier St Serge (Serge !) pour appeler à moi mes camarades du gang des Limaces.

Erich Ironisch, des Cicérons, m’asséna un oxymore du plus bel effet. J’en fus toute étourdie. Ayant saisi la technique tacitement imposée, je me mis, en guise de riposte, à déclamer mon passage préféré de l’Enéide – celui où Enée mange un bout de fromage en repensant à son rendez-vous avec Socrate, près de l’Ilisos. Ma réplique atteignit de plein fouet le chef du gang adverse, qui ne perçut pas plus l’effet de ces vers que ceux d’une bonasse et inoffensive rafale de mitraillette. Autant dire qu’il fut proprement pulvérisé. Erich en fut tout éclaboussé, et ses traits bienveillants se muèrent en une grimace de dégoût. Le combat n’était officiellement plus un duel et les coups de l’éloquence, de la rhétorique et des figures de style commencèrent à pleuvoir.

Dans un déluge de mots croisés, mes camarades des Limaces me rejoignirent et répondirent aussitôt à la menace grammairienne par quelques grenades verbales. Un certain nombre d’hommes en noir tombèrent, touchés à mort. Mais la riposte n’était pas loin.

Dans toute la rue on n’entendait plus que les noms d’oiseaux et les antithèses, et, au milieu de l’épouvante syntaxique, certains dirent avoir vu quelque chose comme un titanesque fauteuil flottant dans la troposphère. Mais ça n’est pas notre problème. Epanalepses, autocatégorèmes, synchorèses et autres temps surcomposés se remirent à nous tomber dessus par paquets. Nos effectifs en furent anéantis. Nombre étaient à terre, mous, incarnadins, transpercés de centaines d’aiguilles stylistiques. Devant le désastre, et ayant perdu mon second, emporté par un tir de bazooka cruciverbiste, j’envoyai une nouvelle fusée d’alarme, cette fois-ci en direction des Enfers (les Grecs, j’entends). Les derniers membres du gang des Limaces et moi-même tînmes assez longtemps pour voir le pavé entre nous se fissurer, s’entrouvrir, éclater, laissant échapper une odeur de soufre et mon vieil ami le cardinal de Richelieu. Après s’être élevé au-dessus de la masse indistincte de nos deux gangs, engagés dans une violente mêlée dialectique, il massacra les hommes du gang Cicéron en y balançant des académiciens, avant de disparaître dans une gerbe d’étincelles multicolores, d’antithèses et de chiasmes.

Tous les spectres des académiciens disparaissèrent. Et ma maison disparaissa aussi. Satisfaite de ma victoire, et non sans avoir chaudement remercié le cardinal, j’ordonnai à mes hommes de se disperser. Je retrouvai ma chère demeure cinquante mètre plus loin, cachée derrière une borne kilométrique, et me mis au lit sous trois couvertures après avoir avalé une bonne tisane aux anchois écrasés.

C’est ainsi, indépendamment de toute intervention de Dick, que je gagnai les premières guerres orthographiques.

Merci, Mamie Douceurs !

Par Alain Bsent
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Samedi 10 avril 2010 6 10 /04 /Avr /2010 11:51

N°12, 1 légozane. Prix unique pour tout le royaume et au-delà.

 

 

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LEGO SOIR

 

Journal de divertissement populaire illustré fondé le Mercredi, à parution aléatoire.

Edité à CRAPIGRAD, chez MM. Ncompétant, Bsent, V. Squelette et Jacquot.

Gravures de Maître Gérard Lemercier, graveur à l’acide à Crapigrad.

Photographies de Valérie Squelette.

 

Championnat national de la Ligue des Perdants : les résultats

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People : notre bon Roi épate la galerie en avalant sa choucroute de travers

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Attaque d’un convoi de cheveux sur la navette Crapigrad-Lego City

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La guerre est déclarée entre Lipograd, cité Lutin, et Bobylonne.

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Tout est normal à Lerotmanik.

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Mamie Douceurs se venge.

 

 

La rubrique sportive

Zinedine Gitane a défrayé la chronique hier en devenant le plus grand champion d’explosions que l’histoire ait connu, bien loin devant son rival de toujours Grégoire Tranchette.

En effet, la veille s’était déroulé le huitième championnat national de joute automobile de la semaine. Loin d’égaler la grandeur de la précédente compétition, on admettra cependant que le nombre de morts violentes y a été de loin plus élevé, ce qui est un bon point.

  Victoire.JPG

 Zinedine Gitane, Céphalophore, Pantocrator et Seigneur des Ténèbres. Photographie Valérie Squelette pour Lego Soir.

Il va de soi que les victimes, parmi lesquelles les participants et un grand nombre de spectateurs, ont été recollées. Pour ce qui est des autres épreuves, dont la toute récente course de dinosaures sur piste noire,  les vainqueurs sont assez respectivement : Pierrot Gourmand, Jésus, le Crocodile Mauve, Yvan Counosaure et Robert. Le directeur de la Ligue discute encore l’ouverture de notre championnat aux lutins et aux playmobils, qui sont certes plus difficiles à découper et ne feraient que baisser le niveau de la compétition. On relèvera ici ou là quelques menues irrégularités administratives comme l’ouverture aux manchots de la classe « combat à mains nues ». Dans ce cas précis, tout contrevenant sera désormais puni de la peine de mort. On sait bien ce que donne un combat à mains nues sans mains : cela fait deux membres en moins à couper, et le public s’ennuie vite.

 

Les prestations intempestives et répétées des Pirates déstabilisent l’économie

La pirogue géante à rétrofreins atomiques qui fait la navette de Crapigrad à Lego City commence mine de rien à s’habituer à ce spectacle : tout commence par une voile à l’horizon. Une voile qui chante. Plus exactement un bateau avec deux honnêtes marins, Bob et Burrel, qui dansent une gigue et chantent d’entraînantes mélopées marines. Puis les cargaisons et la cabine du capitaine Joss-Le-Marin sont copieusement bombardées par une élégante petite couleuvrine. La gigue continue. C’est une danse hypnotique. Le capitaine, sous l’influence, rejoint le bateau des pirates d’un bond de six mètres, moyennant quelques marchandises. Cette semaine, c’est une caisse de cheveux fabriqués à Juvala dans la toute récente usine capillaire de M. Pomme De Terre. « C’est la huitième attaque cette semaine », d’après Glücklichlukas, des forces de l’Ordre (parti politique assez obscur). « Bob et Burrel sont d’honnêtes citoyens, et leur initiative part d’une fort belle intention, mais un numéro d’hypnose par semaine suffirait. Joss s’y fait tuer assez régulièrement, il m’a lui-même confessé que ça le déprimait un peu tant ils font pitié. J’irais bien grignoter quelques homards ».

  Piraiterye.JPG

 Une nouvelle attaque couronnée de succès pour les valeureux pirates ; ils seront pendus. Photographie : bureau des archives militaires et des goûters d’anniversaire du Docker, avec son aimable autorisation.

Si peu de marchandises volées ne sauraient pas ébranler notre solide ékonomye ; or, M. Pomme De Terre nous assure le contraire : « Comprenez, mon domestique me ruine en petits fours [on l’entend ruminer la farce dans la chambre voisine], et mes bénéfices sont très faibles sur une livraison (quatre légozanes), d’autant que le Comité de Préservation Morale me traite de Playmophile ». Merci. Nul doute qu’on le verra sombrer.

La Choucroute tueuse mise sur le marché : scandale.

Nous avons constaté il y a peu une très forte diminution des prix, et du même coup une baisse de fréquentation dans les jusqu’alors très réputées supérettes Supermarin. En cause, le lancement par un groupe de cuisiniers Suédéens (Karl Waldkarl, Diederich Clausule et Popolipovor Le Magnifique) d’un produit hautement inconsommable qui a fait le bonheur des gourmets de la cour royale au cours de la semaine passée. Une heure plus tard, on commença à constater les symptômes typiques d’une intoxication alimentaire : les dents d’abord furent attaquées, puis ce furent d’abominables migraines, enfin on observa ici et là le jaillissement par voie buccale d’aliens informes dansant le charleston, de crocodiles, de citrons et autres agrumes. Aux dernières nouvelles, notre bon Roi en aurait également goûté, mais se serait étouffé avec et aurait été obligé de vomir en aspergeant toute l’assistance.

  Zungesauerkraut.jpg

 

 Le salutaire vomissement fut, aux dires de M. le Docteur, autrement plus éprouvant que de cracher des citrons. Fâché d’avoir abîmé sa moquette avec sa bile, notre bon Roi exigea d’emblée une enquête, menée par l’excellent chef de la crim’ (criminalitude), assisté de John. Un voyage en Suédée fut bien vite organisé ; quelques heures plus tard, on retrouva les corps sans vie des deux officiers de police, transpercés de centaines de haches. La police se sera encore brillamment illustrée ce coup-ci : après quelques heures pour recoller les morceaux et réanimer les deux braves gardiens de la paix, ceux-ci nous décrivirent un combat superbe et titanesque contre le roi de Suédée et ses ouailles, plus qu’héroïque, avec un kung-fu amoureusement chorégraphié, des techniques de combat inconnues comme le harcèlement du cynobalane en furie ou l’envol du représentant d’assurances de Shaolin, des juifs pliants, des voyous et des associés (sic). Nos meilleurs éléments durent quand même se plier à la puissance destructrice de la mitraillette à haches de bûcheron qu’ils eurent à affronter ; mais comme disait Mao : « le roseau plie, jeune phacochère, mais ne rompt jamais ». Vous l’aurez compris, nos rapports avec la Suédée se détériorent.

 

LA GUERRE !

Joie et réjouissances

 

Depuis un mois que durait le violent conflit d’intérêt entre Lipograd (capitale de la Lutinie) et Bobylonne (capitale de l’empire Playmobil), il fallait finalement envoyer un envoyé spécial (Jacquot) : voici des extraits de son journal de bord qui vous donnera un regard sur les faits ;

« À Lipograd, face aux murailles en papier chinois de la ville, c’était un micmac de mitraille et de vampires en plastique. Le papier des murailles se délitait ; Lao-Tseu a dû se retourner dans sa tombe. Les cavaliers-tomates arrivèrent en trombe en écrasant une centurie romaine. Le maréchal Patain, commandant l’armée de Bobylonne, semblait maître du monde au sommet de son citron volant. »

« La nuit semblait calme, mais je savais bien que des mécacowitz, genre de drones-vampires en forme de plastique, observaient Lipograd de leurs yeux-cactus. Tout à coup, un bruit ressemblant au cri d’un percnoptère en marbre qu’on roulerait sous une armoire normande, se fit entendre dans le ciel : un lutin à réaction avait percé le citron volant de M.Patain. Il s’écrasa dans un fracas horrible, enflammé par mille bougeoirs grecs. »

Pendant ce temps, un officiel de Fantastik Geulch assistait à une conférence sur le homard Savoyard à Bobylonne ; voici des extraits de ses notes :

« Le grand chambellan du placard à chaussures de la chambre kaki du palais des mystères de Bobylonne annonça : « mais faites attention où vous mettez vos nains ! » mais le délégué lutin aux patates séchées ne semblait pas d’accord : « ne vous mêlez pas de mes géraniums ! » Le maréchal Fromage, chef des armées de fantassins, assisté de son vice-ministre aux cow-boys en terre cuite, se rangea du côté lutin : « il me semble que vos intérêts sont identiques ! » »

En effet, depuis la guerre des saucisses, Juvala est alliée à Lipograd, et depuis la dernière guerre, Juvala est alliée à Fantastik-Geulch. Il est donc de raison que la cité de Fantastik s’en mêle (les pinceaux). Depuis lors ces troupes combattent les Playmobils, et nous appellent en renfort sous (sur) (dans) les drapeaux. Mais le maréchal Fromage, qui n’a jamais vu de playmobil à proprement parler, combat les lutins en pensant que ce sont des playmobils et aide les playmobils en pensant que ce sont des lutins. Toujours est il que cette guerre n’est pas simple et que oui, on en reparlera la semaine prochaine !

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« Un coup de dé jamais n’abolira le bazar ». Photographie volée à  John Lutin, pour Lego Soir.

 

 

Chronique culturelle :

Le quotidien de la cité de la paix, Lerotmanik

 

La crise ayant ouvert un large trou au sommaire de votre mag people favori, il sera probablement fait usage d’y introduire des rubriques diversement appréciables et inutiles comme des Le saviez-vous ?, Etes-vous sûr de ne pas le savoir ?, Vous devriez avoir honte, bande d’incultes ou la présente chronique culturelle et agriculturelle.

Cette semaine, Jacquot nous est revenu de son reportage en Lutinie dans un état pitoyable, passablement épuisé, sans doute marqué à vie, recollé en divers points (les soins octroyés par les lutins sont limités en ces temps de malheur). Il fallut le pousser dehors pour l’envoyer à Lerotmanik ; il prétextait « qu’après la Lutinie il n’est rien de pire que d’aller dans cette ville de fous, où on se tue dans la joie (mais moins que chez nous, ouh le scandale) ne me faites pas partir, prenez-moi le salaire de l’année mais par pitié ne m’envoyez pas me faire tuer là-bas, j’en ai ma claque de la mort, elle sent mauvais et elle est vraiment méchante, elle veut toujours que j’aille la voir pour causer ou boire un café, ayez pitié de mon âme, messieurs ! Non ? Même pas toi, Valérie ? Bande de traîtres. »

Il s’écoula trois jours après son départ. Il nous revint en morceaux dans des caisses de soja. Nous eûmes une altercation avec Glücklichlukas qui nous accusait de trafic de viande froide. Après une nuit au cachot, nous fîmes appel à Mme La Docteur pour recoller Jacquot. Voici son rapport :

« A l’entrée de la ville, entourée d’arcs-en-ciel, de pissenlits et de champignons mouchetés (géants), des chevaux dans un haras me saluent élégamment. Je n’ai pas de chapeau à soulever, même pas de cheveux, et je n’aime pas trop ôter ma tête, surtout devant des inconnus. Les chevaux se fâchent de ne pas avoir obtenu de réponse ; les arcs-en-ciel tombent en pluie fine ou par paquets, le ciel s’obscurcit, tous les champignons fondent ; au milieu d’une infâme soupe de mycéliums, les chevaux me chargent et me hachent menu, littéralement ; je m’évanouis.

Quand je me réveille, je ne suis plus qu’un petit steak haché entre des frites et une feuille de salade. Un serveur me sert à un gros monsieur avec des lunettes roses. Apercevant un œil au milieu de son steak, il me rapporte en cuisine et demande à me faire recoller. Un cuisinier se met consciencieusement au travail. Au bout d’une minute, je suis de nouveau sur pieds, et assène des coups de sabre tourbillonnants, tranchant net les toques et les têtes d’une dizaine de marmitons. Ceux qui peuvent encore bouger me jettent dehors. Sur le pavé, j’observe un spectacle d’apocalypse : la marée de champignons fondus subie plus tôt dévale la rue, noyant tous ceux qui s’y trouvent. Quand le cauchemar fut passé, je fus lynché par la population : « C’est lui, dit le maire, c’est lui qui a oublié les salutations aux Licornes Mystiques de l’Apocalypse ! Qu’il soit puni ! Je refuse de boire ne serait-ce qu’un verre de plus de ce  jus d’amanites ! S’il n’y avait cette malédiction… »

N’ayant pas très bien compris, je me laisse découper et suis expédié vers mon lieu d’origine. »

Nous avons eu bien du mal à extraire ces aveux du pauvre Jacquot. Vous pouvez nous remercier.

 

 

 

 

 

 

Mamie Douceurs se Venge…

Aujourd’hui je relaterai en ces lignes un évènement qui fait providentiellement (et fort heureusement) partie du passé, le Maelstrom répugnant et potagineux du passé. Un soir, c’était le matin, un jour dégoulinant d’un rose poumon filtrait par les persiennes espagnoles de ma demeure, en une gerbe miroitante, bruyante et vomitive ; je vomis et, d’un air fortement résigné que n’interrogeait qu’une solitude désenchantée, je saisis mes deux magnums 45 tours d’un seul coup d’œil, mon lance- roquettes au napalm et mon petit violon, vissai résolument sur mon crâne mon chignon des grandes occasions et sortis, toujours aussi terriblement résignée et d’une fort méchante humeur.

  J’avançai par la Via dell’ Impero (rue qui prendra à disparaître suite à ce qui effectivement suivit) avec en effet au bout des lèvres, au coin de l’âme, la très haute et irrévocable décision d’accomplir une terrible vengeance. Je cherchais un moment, parmi les faces étonnées des gens et les faces livides des immeubles, quelque chose m’ayant fait du tort dans cette vie ou une autre, ou au pis aller, qui serait dans l’éventuelle puissance de m’en faire dans l’avenir ou l’au-delà s’il existe.

  De là d’où je viens en effet la vengeance est une vraie institution et qui de droit est dûment smittée et mortifiée, plutôt que de crier au meurtre et appeler la police, apostrophe l’acte superbe d’un édifiant « Quelle belle vengeance,  Madame ! »

(C’était le bon temps). Ici, les gens sont fort mal au courant des usages ; bref, je désespérais de tomber sur un beau sujet et allais ranger mes pistolets, quand je l’aperçus, lui : lui, c’est-à-dire Dick ; un imbécile en puissance et en acte, de surcroît, un pauvre imbécile, toujours la tête dans les nuages au lieu de regarder où il mettait les pieds- il n’avait même pas vu venir ce rhinocéros, ni moi d’ailleurs. Le genre à crier « Pardon » sous le seul prétexte qu’on le frappe. De plus j’avais raisons de me plaindre quelque peu des boissons hallucinogènes qu’ il m’avait vendues et qui m’avaient rendue « bizarre » ; il les distillait dans un silo souterrain à uranium et, la tête comme de coutume dans les nuages, son cou seul dépassait du sol et partait tel un sinistre palmier jaune au macabre feuillage, se perdre au plus haut des cieux.

  J’entrai à grand fracas et avec force gestes fort éloquents ; il me tendit en réponse, très insolemment, qu’il était trop tard, que quelqu’un l’avait déjà décapité ; il mentait. Je lui demandai qui avait eu cette audace ;  « Vous le saurez quand le soldat sera sorti. » « Mais quel soldat ? » Un soldat sortit avec une hache et me décapita.

Outragée par pareil irrespect, j’entrai dans une rage sublime et apocalyptique qui envoya voler en morceaux les alambics, les potions, les assistants et ce qui restait de mon détestable ennemi. Avec les poumons je frappai et re-frappai du pied sur le plafond qui en un instant fut pixellisé –de même que bien des passants qui passaient au- dessus, par le vortex intersidéral que j’avais ouvert à moitié sciemment, il faut dire. Le ciel était noir et irradiait de sombres lumières maléfiques, telles que je compris que mon vieil ennemi était vraiment un fantôme et me hantait depuis ces millions d’années que nous nous rencontrâmes pour la première fois et, espérais-je, la dernière… Mais c’est une autre histoire.

 

 

Merci, Mamie Douceurs !...

Par Alain Bsent
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Dimanche 28 mars 2010 7 28 /03 /Mars /2010 18:34

N°11, 1 légozane. Prix unique pour tout le royaume et au-delà.

 

 

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LEGO SOIR

 

Journal de divertissement populaire illustré fondé le Mercredi, paraissant par quinzaine.  

Edité à CRAPIGRAD, chez MM. Ncompétant et Bsent.

Gravures de Maître Gérard Lemercier, graveur à l’acide à Crapigrad.

Photographies de Valérie Squelette.

 

 

Armistice : désespoir et suicides sur le front.

*

Un artiste local ouvre une galerie à Lerotmanik : 10 morts.

*

 Pénurie de dauphins : les habitants d’Aupsftritch devront manger des conserves

*

M. Moignon fabrique

une arme de destruction massive à Juvala.

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Espace : conquête de la Lune par une équipe de dégénérés de Legocity.

*

Le retour de Mamie Douceurs !

 

Armistice: Fantastik-Geulch nous aide et nous gagnons ensemble contre Fantastik-Geulch

Suite à une guerre où nous n’avons parlé que de nous, nous avons décidé de partir à Fantastik-Geulch pour inviter son Roi, Voxiférate 47, à nous parler des conditions du conflit et du cours du citron dans son royaume. Il nous a reçus dans son château gothique en ruines, construit il y a deux ans.

Voxiférate parlait tellement lentement que nous n’avons pas compris grand-chose.

Il nous a entre autres promis un renfort de 30 hommes, 2 pièces d’artillerie, une automitrailleuse et 3 hussards. La garde royale (8 legos) et les chasseurs royaux pourront venir en renfort supplémentaire si la police et les voltigeurs ne suffisaient pas. Une tonne de lait de jument concentré et cinq mètres cube de bière sera mis à disposition pour alimenter les véhicules automobiles; 800 litres de mélasse pour nourrir les soldats. Les troupes Fantastikoises arriveront sur le front dans un temps compris entre 2 heures et 1 an.

Lors de l’interview de Voxiférate, il nous sembla qu’il prononçait  Fantastic Gdutch, ou bien Fantastic Deutch, ou bien encore pourquoi pas Fantastic Deutsch, mais ce détail ne nous prouve que la dyslexie du monarque.

Comme prévu, l’armée de Fantassins arriva au front et le maréchal Fromage, serrant la main du Général, prononça ces paroles historiques: « ce bon vieux Josh est perdu, la nuit va se lever bien tard ». Les armées unies progressèrent vite, et à l’heure du goûter la ville était prise. Le chef des armées ennemies, un certain monsieur Grec, prononça ces paroles idiotes qui seront effacées des livres d’histoire: « vous avez peut-être pris Fantastic Dutch, mais mon cœur, vous ne l’aurez jamais ».

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« Les Fantômes du Passé déchiquetèrent de pauvres Legos toute la soirée. » C’est la joie sur la plaine de Fantastic Deutsch [Dutch] [Deutch]. Photographie collection particulière.


Nous pouvons en conclure que les habitants de cette ville sont tous profondément dyslexiques. Après avoir arraché le cœur de M. Grec, une grande fusillade d’innocents fut organisée, suivie de somptueuses joutes automobiles. Le cœur de M. Grec fut offert à notre bon docker pour le remercier de ce qu’il n’a pas fait.

Tout semblait baigner dans la joie et dans la liqueur, quand un monstrueux cri de clown se fit entendre dans la lande. En quelques secondes, la ville fut entourée des rebuts les plus laids et les plus infects de la lande saline: les hideux fantômes du passé.

Comme si ça ne suffisait pas, les legos bizarres et les canards vampires entreprirent de raser Juvala avec leurs amis les fantômes du passé. Ils prétendirent être les amis de monsieur Grec, et qu’il était le gourou de la secte Apollon dont ils faisaient tous partie. Nous savons que le Roi Voxiférate fait partie de la sinistre secte de la sainte perruque, il n’était donc pas des monstres de la secte Apollon.

Mais des météores de forme plus ou moins architecturale et anatomique, ressemblant à des débris elfiques, tombèrent sur ces monstres et ils battirent en retraite. La victoire était enfin arrivée.

Plus tard on apprendra que la ville que nous avions impitoyablement détruite n’était pas Fantastik-Geulch mais Fantastic Dutch, une ville qui de tout temps a été l’épine dans le pied du royaume, si le royaume a des pieds. Voxiférate annonça en serrant le pied de notre Roi : « je n’oserais jamais vous attaquer, mon bon cousin, mais il est certain que nous avons perdu Josh ».

 

 

 

 

 

  Braquage : trente et une gravures à l’eau-forte seraient incriminées.

Gérard Lemercier est un citoyen honnête de Crapigrad, taciturne, apolitique, facile à convaincre et d’une discrétion absolue. Cela fait de lui un être hautement dangereux qui menace en permanence notre beau système politique. Artiste de son métier, il passe le plus clair de son temps à l’ombre de sa cabane de la Volksstrasse, dans des volutes d’acide et sous des tonnes de papier sale. Il y exerce son « talent » de graveur, et la majorité des illustrations de notre beau journal sont de son fait.

Or récemment, il a reçu une invitation de la galerie Proud à Lerotmanik, haut lieu de l’art contemporain, dont nous n’avions jamais entendu parler. Cette invitation était en fait de la main du Docker qui voulait l’éloigner au moins pendant la fête culturelle de Crapigrad. Comblé d’une joie intense et sincère, notre bon artiste national s’est décidé à faire le voyage  jusqu’à Lerotmanik. Il produisit dans la nuit du 18 au 20 une cinquantaine de nouvelles gravures inspirées de scènes antiques, comme « Diane, Daphnée et Jeannette au bain »,  « la Guerre des Clones »,  « Vénus Anadyomène mangeant de la choucroute »,  « projet de tour carrée pour la statue équestre d’un Condottiere-limace mangeant de la choucroute », ou encore « grand-mère ». Il ne nous  fut pas donné de voir ces œuvres, car elles ont immédiatement été envoyées à Lerotmanik. Des descriptions assez précises de son bon ami G. Pickman les dépeignent comme d’  « épouvantables scènes d’apocalypse, ouvrant sous nos pas d’humain damnés un gouffre abyssal de folie et délire obscur ». Pickman semble être le seul à avoir réchappé à l’exposition, car au matin du 24, les invités du vernissage ont été retrouvés morts. Les gravures portaient d’étranges traces de brûlure et étaient à présent illisibles.

Gérard  Lemercier a regagné sa bonne ville natale. En son absence, le festival de peinture organisé par le Docker s’est déroulé à la perfection, malgré quelques démons et autres peuples de sous la mer qui n’étaient pas invités.

Legos-en-myrostique.jpg
« Legos en Myrostique », chef-d’œuvre de G. Lemercier. « Où les Legos prouvèrent qu’ils n’avaient rien à envier aux artistes d’après-guerre (legotique) comme Ravak ou Bzequinorestevoroprotch, au sujet desquels on constate qu’ils sont morts quand les Legos vivent. »

 

 

 

 

Aupsftritch : la viande de dauphin d’exploitation enfin prohibée.

Les syndicats d’aide à l’intégration des animaux, avec à leur tête la DDA (Défense Des Animaux), soufflent et exultent de joie : le burgermeister d’Aupsftritch (Jan Soloplafus) vient d’interdire la commercialisation de la viande de dauphin produite ailleurs qu’à Crapigrad ou à Sémiovic. Son action politique avait pour but de faire cesser la production « inhumaine » de Dauphins terrestres à Aupsftritch et à Niegormotgradorzgorodsk. Avec l’aide de la police, ils ont ensuite démantelé le réseau de production qui tenait place dans le centre de la ville, au fond d’une ruelle et derrière la porte blindée d’une cave. Ils mirent à jour les vingt neuf baquets où vivaient les Dauphins en attente d’être tués et dépecés. Il fut prouvé que les pauvres animaux vivaient dans moins de trois mètres cubes d’un liquide produit à partir d’une dissolution de natron et d’herbes de Provence. Ce procédé  de pré-salaison permettait d’endormir les dauphins sans les empêcher de  croître. Les dauphins qui refusaient de subir la salaison recevaient le supplice du martinet.

Une pièce située sous la cave où étaient entreposés les dauphins combla toutes nos soifs d’horreur. L’abjection y atteignait des niveaux de violence absurdes encore jamais atteintes, sauf par quelques groupuscules ultra-orthodoxes. Alain Bsent était de sortie et suivait de près les policiers, et put ainsi nous rapporter ce qu’il avait vu.

Cette cave sous la cave contenait en réalité la chaîne de dépeçage des dauphins. Nous découvrîmes alors l’insolente vérité : du corps des dauphins les trafiquants ne récupéraient  que les parties inconsommables telles que les os, les viscères, le cerveau et les cartilages. Les restes était jeté dans la Tosk, le fleuve traversant Aupsftritch. Cet atelier était en réalité au cœur d’un vaste et très lucratif trafic de beignets de viande, exportés vers des destinations lointaines et imaginaires comme l’Amérique et Legocity. Là bas ils étaient vraisemblablement utilisés comme remblais pour la construction de routes et d’immeubles, ou pour nourrir le bétail.

Le vrai scandale éclata quand il fut découvert que les villes en aval d’Aupsftritch, normalement arrosées par la Tosk,  n’étaient plus approvisionnées en eau que par un mince filet rougeâtre, épais et nauséabond.  En réalité un barrage s’était formé à la sortie de la ville à cause des corps de tous les dauphins.

Craignant de mourir de faim, les populations pauvres de la ville vinrent se servir dans le tas. Mais un arrêté préfectoral décréta cette viande impure et tous ceux en ayant mangé furent placés en quarantaine.

L’enquête qui fut menée chez les petits bouchers de la Rue du Bœuf révéla alors que la plupart des plats cuisinés étaient faits avec les scories de viande de dauphin qui n’étaient ni envoyées à l’étranger ni jeté dans le fleuve. Aussi, privés de leur source de protéine, les Aupsftritcher durent se contenter de manger de la vache et du mouton, ce qui inquiéta évidemment les représentants des syndicats ovins et bovins. Les représentants de l’exploitation dauphine furent torturés et envoyés au pénitencier de Glabérolle. Les dauphins furent ensuite relâchés dans la baie de Crapigrad.  

 

 
Destruction de plusieurs étoiles encombrantes : le ciel reconnaissant respire enfin


Des effluves rosâtres et parfumées ainsi que des chants mielleux embaumaient notre belle capitale Juvala depuis quelque trois cent douze ans moins un (ou moins –sources douteuses), odeurs de lilas et de violette, vous vous en doutez, très incommodantes pour les honnêtes travailleurs des cités coronaires, et surtout pour le roi. Et en attente d’une solution, M. Le Ministre De La Gastronomie, qui tiendra lieu, par intérim, de ministre de l’astronomye (science occulte et impie basée sur la vénération de la Grande Aubergine), faisait remarquer  la brillance intense d’un quasar de magnitude 3, 22, de couleur rose, sur lequel on pouvait lire : « B.C. ». Peut-être Bade in Chili, Before Christmas ou Barbara Cartland. Toujours est-il que les effluves désagréables venaient de là. Chacun aura reconnu la planète elfique d’Idyllia, monde qui méritait bien, de par sa remarquable culture de petits champignons mauves, une étude approfondie. Le professeur Moignon, grand rival impotent de M. Pinceau (qui n’est pas mal non plus), s’empressa d’emblée de proposer son aide avec son merveilleux Rétrotélescope spectroscopico-excentrique qui-fait-aussi-canon-laser. Aide salutaire et bienvenue.

 La-destruction-d-Idyllia.jpg

Le RTSEQFACL magique en action dans le quartier du Bourg. Photographie Valérie Squelette pour Lego Soir.


Le maire fut invité à faire les premières observations dans la nuit du 4 à la Villa Pirate où avait été installé l’appareil. Nous avons pu relever cette conversation :

« -[…] Vous reprendrez bien quelques têtes de veau cocktail ? Non, je n’ai plus de liqueur de sucre… Enfin, je vous en prie, appuyez sur le bouton, là, le rose…

-Celui-ci ?

-Non, le rose !!

-Je ne peux pas arrêter ma main en si bon chemin…

-Oui, très juste, mais…

-Trop tard.

-Quel joli rayon vert !

-Vert atomique, oui ! Figurez-vous qu’un jour j’ai mangé une olive.

-Non !?

-Oui ! Et elle était verte.

-Alors là, je ne vous crois pas. Tout le monde sait qu’elles sont grises, comme vous !

-Regardez !

-Oooh.

-Belle explosion.

-C’est Idyllia, ce nuage vaporeux ? Dommage, dommage…

-Oh, on s’en passera bien. Belle explosion, n’est-ce pas ? Ce genre de spectacle mérite bien d’être vu plusieurs fois.

-Tout à fait d’accord ! »

C’est ainsi que dans une grande et magnifique futilité, nos administrés débarrassèrent, tout en s’offrant une belle prestation sons et lumières, un ciel surchargé d’environ 34 astres divers comme la planète Fouloub ou la Terre. Le soir même, le vent du Nord avait balayé les fragrances elfiques en même temps que les chants.

 

 

 

 

 

Premiers pas sur la Lune, second volet de la Conquête Spatiale.

 

Mercredi dernier, dans le cadre de la Semaine Spatiale initiée après la réussite totale des opérations d’observation des planètes externes et de leur destruction intégrale, le Roi demanda aux meilleurs savants du Royaume d’envoyer un lego sur la lune avant vendredi. La station spatiale de Lerotmanik, abandonnée depuis le fiasco de l’opération Apollon-puissant-archer (opération qui visait à propulser des legos sur Mars à l’aide d’une antique baliste de l’armée romaine), reçut par la poste le jet nucléaire du Roi, prêté pour l’occasion. Il leur fallut près de trois heures pour le rendre étanche et suffisamment résistant pour garantir à ses passagers de ne pas mourir dans le vide spatial. Il lui fut greffé un moteur atomique « ultra puissant » développé par Alan Normal, chef du Bureau des Recherches en Métaphysique Aérospatiale et vainqueur du Concours Général de Véhicules Spatiaux Amateurs. Une rampe de lancement fut rapidement érigée dans la banlieue de Lerotmanik par les esclaves lutins capturés lors de la guerre, et dès jeudi soir nous fûmes en mesure d’envoyer des gens sur la lune. Cet exploit (même Legocity ne put pas être aussi rapide dans l’élaboration d’un programme spatial aussi complexe) fut réussit grâce à un formidable travail d’équipe et un mépris total des lois élémentaires de la physique. De plus, nos équipes ont gagné beaucoup de temps en n’effectuant pas les calculs complexes destinés à diriger l’engin vers sa destination.

Quatre astronautes triés sur le Volet prirent place dans l’engin, le matin du Vendredi. Sous l’action des divers narcotiques qu’on leur avait injecté,  ils ne purent répondre à nos questions. La mise à feu se fit sans problème aucun vers cinq heures du matin. Il fallait, nous a-t-on dit, faire vite, et envoyer la fusée avant que le maire ne se réveille.

Vers dix heures quarante-cinq,  heure terrestre, nous reçûmes le premier appel des astronautes en mission, qui disaient « évoluer dans l’espace à la pleine vitesse de huit cent mille nœuds marins, en direction de la Lune. » Il leur fut demandé de réduire leur vitesse. Ce qu’ils firent avec joie.

Puis à midi, ils attinrent l’écorce lunaire sans bruit et sans fracas. « heureusement », avoue Alan Normal, « qu’il nous restait les combinaisons spatiales de la précédente mission. Autrement ils auraient dût quitter notre planète en pyjama. »

La trop forte lumière du soleil fit fondre l’habitacle de l’appareil photographique de l’un des argonautes et les photographies furent gâchées. Animé d’un intense sens du devoir, un autre cosmonaute fit des dessins qui hélas, après étude, se révélèrent totalement dénués d’intérêt artistique. En fait, ils étaient totalement dénués d’intérêt tout court. Le cosmonaute en question fut renvoyé du service spatial, avant même son retour effectif sur notre planète.  

Ils firent de nombreux relevés topographiques et géostatiothermiques selon leurs propres termes, termes qui ne furent pas  validés par les autorités scientifiques combinées du Professeur et d’A. Normal. Ils réalisèrent environ trente six cartes des la Lune, qui toute se révélèrent fausses, ou du moins décidées telles par les autorités scientifiques reconnues comme telles. Il faut imaginer que toutes ces controverses entre doctes représentants d’univers linguistiques qui nous échappent se tinrent à la radio, radio dont le niveau sonore était bloqué au maximum depuis environ neuf heures du matin.

Quand les relevés géologiques furent suffisants, les quatre astronautes commencèrent à vouloir rentrer à la maison. Mais le capitaine de l’expédition, un certain Gertrude, devint subitement sombre et lugubre ; il prétendit qu’il allait faire fortune avec un gisement de chausse-pieds découverts plus tôt dans l’après-midi, et que, de fait, il préférait abandonner ses compagnons et emmener les chausse-pieds avec lui pour faire fortune en Amérique. D’après les enregistrements vidéos collectés par l’équipe de surveillance restée à terre, il y eu un combat. Jacquot tua

Skellington. Qui était déjà mort. Quand toute l’équipe se retrouva de nouveau sur notre belle planète, ils dirent ne pas se souvenir de l’intrusion d’un tel personnage, ni de la trahison de Gertrude. A priori le décollage a fait perdre la mémoire à tous les membres d’équipage, qui furent de même incapables d’expliquer les sangsues spatiales à figures d’amérindiens et produisant une petite musique cheyenne proprement insupportable collées sur les vitres de l’engin, ni le fait que le coffre soit tout empli de saucisses de Francfort qui ne s’y trouvaient pas au décollage a assuré le directeur des opérations, A. Normal. Cet épisode, une authentique réussite, donne des habitants de la lune, ainsi que de leurs mœurs, une image assez exacte. De même, il semble que la lune soit en réalité faite de caoutchouc.   

Cette expédition, on n’en doute pas –surtout du fait qu’elle n’ai presque rein coûté en matériel- en suscitera d’autre et d’autres encore, et encore d’autres, dans un avenir proche.

 

 

 

Mamie Douceurs radote.

La dernière fois, je me souviens, je visitais le cerveau endommagé de mon bon cousin Richard le Hardi, chevalier de son état à la solde du Grand Poulet, à l’aide de mes dons de « psychanalyso-anthropo-voyance » enseignés par le Mahatma Freud au Japon en Mars 1827. Cette expérience haute en couleurs m’a poussé à une petite auto-analyse et c’est avec une joie sincère que j’ai entamé un petit voyage spatio-temporel. Eh oui, je ne recule devant rien pour explorer les méandres de l’âme Legote, pas même devant le Diable.

Car c’est le Diable que j’ai rencontré sur mon chemin, lors de mes voyages temporels.

Je me suis déjà retrouvé face à des créatures hideuses, vous le savez… mais cette fois c’était autre chose. Je m’en vais vous expliquer tout cela en détail tantôt.

Je m’injectais une forte dose de monstromorphine et entamais mon voyage temporel. Je revins soixante ans en arrière, au temps où un dinosaure avait pris le pouvoir sur l’Alaska et où moi, jeune et belle reporter de guerre, je courais de bureau en ambassade pour tenter d’obtenir la paix entre les rebelles reptiliens franquistes-masochiites et les forces d’intervention matérialistes, marxistes et ophidiennes du Roi des Dinosaures qui exerçait son pouvoir autocratique sur le Monde du Dessous (dont évidemment l’Alaska n’était que la mince partie émergée, si vous ne connaissez pas vos cours d’histoire je ne peux plus vous aider.). Bref. Le Prince Lutin venait de lever une armée de sirènes de l’apocalypse à l’aide de Simon-Lunettes et de Haneke Le Zout de Delft. Il désirait plus que tout faire cesser la lutte fratricide qui opposait les deux Partis Dinosaures, pour enfin les renvoyer valser sur leur planète où leur maître à tous, André-Rieu, les attendait pour leur faire subir la Damnation Musicale. Legocity avait envoyé huit mille Stormtroopers (photgraphie) afin de les jeter dans la mêlée avec un seul mot d’ordre : « tuez-les tous ». Evidemment personne, pas même les Stormtroopers, ne savaient qui il fallait tuer. On lit bien souvent dans les livres d’histoire que ce message s’adressait en réalité aux ennemis des Stormtroopers, dinosaures et autres, et que Legocity voulait en réalité se débarrasser de cette division pour d’obscures raisons. Je ne sais rien de la vérité. Ce que je sais  en réalité est qu’il ne leur fut pas donné d’armes, et qu’ils durent se fabriquer des arcs et des pistolasers avec des bambous trouvés sur place, ce qui n’arrangea pas leurs affaires.

Un prêtre anarchisant sur les bords issu d’on ne sait que parti politique supplia les fantômes nazis de l’au-delà de revenir pour l’aider, mais étant occupés alors à massacrer le reflet de la gestapo martienne,  ce fut le prince des cauchemars sans majuscule qui fit lui-même le déplacement. Ainsi Satan, seigneur des Onomatopées et Prince de Tous les Abats et Entrailles Magiquement Animés, fit son apparition sur un champ de bataille où se côtoyaient déjà dinosaures, lutins, Stormtroopers, sirènes et Playmobils de la fameuse Division Eblouissante commandés à l’époque par la condottierina Hollandaise Griet Dulle Van Oopentrop. De terre jaillirent les monstruosités infernales issues des pires cauchemars des peintres fous, mille répliques en plastique (Magiquement Animées) de Sauron Prince des Piquants, des parodies de Spacemarine commandés par la Walkyrie-à-l’armure-de-cire,  au nombre  de seize millions. Une hausse subite de la température les fit tous fondre, je suis là pour en attester. La bataille fut terrible. Il y eut un combat. J’y pris part, glissée dans la peau d’un Lièvre de l’Enfer qui s’était auto-écorché juste devant moi comme un Marsyas grotesque (à cause de la chaleur sans doute). Le Diable, vers cinq heures de l’après-midi, avalait des thermos entiers de thé à la rose tout en massacrant ceux qui s’approchaient de lui. Il était temps de  prendre les choses en main : je me saisis de mon bic crystal et lui en assénait un coups juste derrière l’oreille. Belzébuth tomba à terre comme un amas de chair morte, et je pris la tête des derniers Playmobils qui restaient, ma bonne amie Griet étant décédée comme elle avait reçu les coups d’une puissante licorne mystique.

Nous massacrâmes les Dinosaures et coupâmes la tête de leur chef. Ou le chef de leur tête. Rejoints des Stormtroopers, et des démons ensanglantés qui restaient, le dinosaures ne voulurent pas lâcher prise ; Haneke alors parla, s’adressant à la tête du chef des Dinosaures qui sonnait la contre-retraite : « Vas-tu te taire, reptile au sang chaud ? Ne vois tu pas que tu es mort, tu devrais cesser toute parole et t’en remettre à André-Rieu. » La tête ne voulait rien entendre et il fallut la bâillonner pour qu’elle cesse de parler. La charge spectaculaire d’u demi-escadron de sirènes mit fin aux espoirs de conquête des dinosaures et la Main d’André-Rieu vint du ciel les cueillir, dans Sa grâce et Sa bonté, et sur un air des vieilles Valses de Vienne (« Tanze Mit Dir In den Himmel ») que je connaissais bien. La joie sincère et la lumière merveilleuse émanant à l’est de l’étoile Idyllia baigna, lava et parfuma tous les survivants. Satan, entendant cela, fondit. Les démons aussi fondirent. Ceux qui ne fondaient pas devinrent des animaux comme tout le monde.

Une fois les dinosaures retournés sur leur planète, les armées se dispersèrent et chacun retourna chez soi, même les pécheurs.

Demeurée seule au milieu d’un champs de bataille d’épouvante que le calme matin n’avait put dissiper, je me pris à repenser à une phrase de Chococrate  le philosophe Grec qui m’avait fait mon enseignement magique : « quand Dieu décide de détruire l’humanité, seul un ange peut la sauver ».N’ayant pas compris, je m’en retournais à pied, avec des Stormtroopers, dans une auberge non loin du camps de bataille.

Ainsi prit fin ma Première Introspection. Le lendemain, le médecin me conseilla de ne plus utiliser de monstromorphine pour mes introspections.

 lego-army2.jpg

 

 Portez vous bien, Mamie Douceurs…

      

Par Alain Bsent
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Dimanche 14 mars 2010 7 14 /03 /Mars /2010 12:02

N°10, 1 légozane. Prix unique pour tout le royaume et au-delà.

 

 

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LEGO SOIR

 

Journal de divertissement populaire illustré fondé le Mercredi, à parution aléatoire.

Edité à CRAPIGRAD, chez MM. Ncompétant et à l’acide à Crapigrad.

Bsent.

Gravures de Maître Gérard Lemercier, graveur Photographies de Valérie Squelette.

 

Journal du front : vers la résolution du conflit ?

*

Interview : Copius, traducteur.

*

La Salle des Piliers : découverte d’un gisement de mobilier urbain.

*

Recette de cuisine : civets de landes.

*

Sciences : la biodiversité en danger.

*

Mamie Douceurs.

 

 

 

Nouvelles du front : serait-on en train de construire la paix/un mémorial ?

 

La semaine dernière, nous annoncions avec joie la prise de Fantastic Gulch. Mais nous nous trompions : alors même que le Général lui-même plantait dans un tas de cadavres le drapeau de notre belle coalition, la DCA Fantastikoise fit encore parler d’elle. Le Commandant des Foutraques raconte : « quand les canons ennemis se sont tus, les DGA* sont entrés en action, suivis de près par les GIG**. Nos VOP*** n’ont pas su résister à leurs chants infernaux et une cinquantaine des nôtres ont trouvé la mort. Les DDL****, les FDP***** et les LOP****** de Lopoliv ont tenté de s’interposer, mais sans succès, car les GIG** étaient escortés d’un bon millier de AAB*******. Ce sont ensuite leurs damnés OOL******** qui sont venus nous trouver, et là tout a dégénéré. D’une magnifique victoire, nous sommes passés à une défaite humiliante. Les VAF********* ont emporté Joe. Nous avons été refoulés vers Sémijovnic et notre camp d’entraînement. »

(NDR : un lexique est proposé en fin d’article.)

En d’autres termes, et comme à notre habitude, nous subissons une défaite et nos ennemis une victoire.

On prétend que l’ennemi se serait mis à utiliser des billes de polystyrène explosives comme shrapnells.  Cette étrange matière recouvre le sol sur des kilomètres carrés.

Le Commandement propose de demander l’aide de Coxiglu et de ses tribus primitives. Selon les dernières nouvelles, il aurait accepté à condition de pouvoir « obtenir tous les ananas. » Les prix sont à discuter, et prochainement, Roi 1er rencontrera Coxiglu et les dirigeants de Niegormotgradorzgorodsk, de Lerotmanik, et d’Aupsvitsch pour un SSP (Sommet Sur la Paix) à Juvala. Un SSPJ. Réjouissances à prévoir.

 

 DSCF2711.JPG

 

*Distributeurs de Grenades Atomiques. **Grenadiers Interception Gélatine.***Voltigeurs Opportunistes Potentiels. ****Dipneustes Diachroniques Lénifiants. *****Forces de Diversion Provisoires. ******Lanciers d’Opération Particulière. *******Artilleurs Anti-Bob. ********Organisation Otto-cratik de Lopoliv. *********Voleurs d’Âmes à Fusion.

 

Encore un littérateur [in]dispensable.

 

Bob Van Der Copius est un de nos lettrés les plus fins, et cela n’a rien à voir avec sa masse corporelle. Assez tôt diplômé des arts et des lettres au Campus de Lopoliv, il partit ensuite dans un long voyage initiatique qui le mena dans les îles Cridji et en Amérique. De ce voyage il tira une assez importante expérience de lutteur avec les crocodiles, et une passion pour les langues étrangères. Il se mit à l’étude du Latin, du Grec, de l’Hébreu, du Moldave. Il fit la traduction d’ouvrages indispensables de notre temps, comme « Le blanc et le Rose », de Bob Stendhal, mais aussi « Miss Beaumaris » de Glaubert, « La Guerre et la Guerre » de Léon Whisky.  Aujourd’hui, il maîtrise le français, le hollandais, l’allemand, le bosniaque, le serbe, le russe, le Playmobil, et s’essaie au langage des Lutins. Il est souvent demandé pour des problèmes diplomatiques ou liés au spiritisme, et il est incapable de compter le nombre de guerres qui ont été évitées a évité grâce à ses talents. Il s’est appliqué pendant plus de dix ans à résoudre les conflits entre les Legos par son entremise, prétendant qu’  « une bonne traduction résout toujours tous les problèmes. »

Mais Copius préfère l’anonymat de ses combles moisis du centre-ville de Crapigrad, et peu en vérité sont ceux qui le connaissent vraiment.

S’il est très peu connu pour ses travaux de traduction, il l’est encore moins pour ses poèmes, pourtant assez inécoutables. Du temps où il était promis à la Reine de la Bière, il avait fait de l’auberge de Crapigrad un des premiers rendez vous littéraires de la région, devant les Festival des Lettres de Sémiovic. Quand il a appris que nous avions l’intention de faire paraître un article lui rendant hommage, il a insisté lourdement pour que nous publiions l’un de ses poèmes. Il s’intitule « Pluie et brouillard sur ton cœur les landes de bouchon pourquoi je. »

 


Glabérolle à l’Est s’interposait comme un vieux soleil

De pauvre

Baudruche décoincée, que ce soleil ;

Oui pourquoi je, et le Whisky sur le soir en chantant.

De pauvres cela est une certitude, pourquoi

Il n’en savait rien, et toujours, pourtant, jamais.

Oui, pourquoi.

De rien, dirent les cinq poissons réunis par le commis pour une grande

Occasion qu’ils turent.

Peut-être Noël,

C’est une belle jambe que vous avez là, j’en ferais bien

%Mon repas%.

µ s’envolait,

µ un si bel homme,

µ bien plein ;

Plein, bien d’espoire.

Poire.

Plein bien de poire

Espoir.

µ faire avec,

µ un si bel homme.

Et ainsi il mourut

 . Jamais plus pourquoi toujours, et un peu souvent bien plein qu’il déjà

Jamais jamais jamais plus.

 

 

 

Découverte d’un salon de thé pour nains sous Juvala

Le Professeur Pinceau, du très agité quartier industriel au sud-ouest de la capitale, a mis à jour au détriment de quelques institutions indispensables comme le Musée des Débris Cosmiques, qui devait ouvrir en mars, quelques ruines des temps jadis, sorties de passés merveilleux et plus ou moins authentiques. Outre quelques squelettes, charniers et momies incas sans grand intérêt, ces débris antiques comprennent un joli porche néolithique, dissimulé dans la cave de M. Pinceau par des caisses de têtes de veau, orné d’inscriptions énigmatiques que notre graveur s’est empressé de reproduire. Assez bien.

 

 Portique-de-cave.jpg

 

 Affreux graffitis au fond d’une cave. Que fait le balayeur ?


L’Association des Ruines Romaines et Voleurs de Ponts (ARRVP), créée pour l’occasion, est entrée en trombe dans la cave à double fond avant de pénétrer dans une vaste salle, terminée d’une voûte perchée à quatre cents vingt-cinq mètres, chaleureusement décorée et ça et là ornée d’inscriptions métaphysiques comme « Guichet », « Bar à thé » et autres « Vive-les-nains ». Certains des plus âgés d’entre nous se souviennent peut-être du salon de thé à thème Cavernenains, l’endroit en question, fermé il y a six cents ans. Qu’ils ne le regrettent pas : il est en cours de démantèlement, car il dissimulait un riche gisement de panneaux de particules qui, n’en doutons point, relancera toute l’économie du pays et l’activité de la mafia.

 

 

 

 

Recette de cuisine d’épouvante : impressionnez vos amis en tuant vos ennemis.

Un petit goût d’enfer.

L’article de ce soir concerne  un curieux manuscrit décrivant les recettes oubliées de l’ancien monde démoniaque découvert dans un fossé à purin dans la banlieue de Juvala. Ce manuscrit fortement controversé par les autorités culinaires combinées du Roi et du ministre fut envoyé dans un bureau de Lopoliv pour y être étudié puis détruit. Les secrets qu’ils découvrirent dans cet artefact maudit rendit folle la première moitié des chercheurs de Lopoliv, tandis que la seconde moitié trouva la mort dans des conditions impliquant vraisemblablement  un spectre, une cassette vidéo et un chanteur à succès.

Les autorités scientifiques régissant la vie à Lopoliv jugèrent bon d’utiliser ce manuscrit à des fins guerrières,  l’argument principal reposant sur le fait établi que l’utilisation d’une arme démonique précipiterait la ville dans le chaos et dans la peur,  et ferait venir des vampires, des extra-terrestres, et des disciples de dieux antiques de sous les mers (ce qui, on n’en doute pas, pourra relancer l’économie touristique stagnante de Lopoliv).  Le Parti Communiste imposa son droit de veto et fit massacrer les représentants de l’autorité, afin de « rendre le manuscrit maudit aux syndicalistes de l’enfer agissants sous la ville ». Alors que les deux partis réglaient leurs différents dans une grande partie de paint-ball  sur les bancs de l’Assemblée, un scientifique reconnu dont nous tairons le nom (Yevgeny Làdiosznic) s’enfuit avec dans sa serviette le manuscrit. Il en proposa l’édition à Aupsftritch, chez Poplopsidon, qui accepta derechef  à condition d’obtenir plus de la moitié des bénéfices. Un mois plus tard, la recette paraissait en format poche dans toutes les bonnes librairies (après s’être perdue dans les méandres administratifs du Cabinet d’Ethique de Juvala, qui intenta trois fois un procès à un auteur inconnu, sans succès.).

Le Ministère devait, la semaine dernière, rendre un dossier attestant du degré de dangerosité des recettes. Ce texte, nous le publions aujourd‘hui, afin que chacun puisse y voir clair.  

 

Attendu que ledit texte trouvé à Juvala n’avait pas d’auteur présumé, et pouvait tout aussi bien avoir été écrit par une divinité maléfique des landes.

Attendu qu’un imbécile dont nous tairons le nom (Yevgeny Làdiosznic) trouva particulièrement malin de proposer ce texte à l’éditeur Poplopsidon d’Aupsftritch.

Attendu que le même sombre individu rédigea une introduction honteuse à ces recettes de cuisine.

 Attendu que les recettes en question prévoient l’usage d’œufs frais.

Attendu que la plupart des spécialistes réunis pour l’occasion ont jugé dangereuse les susmentionnées recettes de cuisine, pour leur caractère hautement blasphématoire.  

Nous, autorités militaires, distinguées, littéraires, autocratiques et bureaucratiques du Ministère de Juvala et du Bureau d’Ethique basé dans la même ville, décrétons que le susmentionné ouvrage issu des susmentionnées recettes de cuisine trouvée à Juvala peuvent représenter une menace sérieuse à l’ordre établit et aux pudeurs littéraires de notre bon souverain, une insulte aux Dieux, un parjure envers la République quelle qu’elle soit, un obstacle à la paix, et un problème majeur mettant en péril la sécurité nationale et la cohésion culturelle du royaume.

Attendu cependant que nous, autorités militaires, distinguées, littéraires, autocratiques & bureaucratiques du Ministère de Juvala et du Bureau d’Ethique basé dans la même ville percevons les taxes liées à l’exploitation de ce livre, et que nous ne sommes pas contre l’expansion des romans de fiction à caractère gastronomique, même démoniques.

Nous décrétons la vente et la diffusion gratuite par le truchement des écoles et autres lieux d’éducation, possible et recommandable, pour une durée indéterminée, comme le prévoit l’article 112 du Code Littéraire et Gustatif  ainsi que l’addenda 802 du 6 juin 1985.

 

Nous précisons que l’ouvrage est disponible dans les librairies dignes de ce nom à Juvala et à Crapigrad.

 

 

 

 

Sciences : un article inintéressant

Une souscription pour l’effort de guerre et la construction de la perception de Fantastik Gulch [Geulch] a récemment échoué sur le Bureau pour la Sauvegarde des Molécules Atrabilaires et Consorts – Momies Intraveineuses et Faune Dangereuse des Landes (B.S.M.A.C.M.I.F.D.L.) par un hasard regrettable et assez drôle que, secret professionnel, nous devrons taire (il impliquerait une violation du traité de paix avec les Hommes-Ecrevisses). Les fonds si hasardeusement accordés auraient d’abord été utilisés par le directeur du Bureau, Paul Popol, instigateur de la loi du même nom, pour organiser la boom du siècle (sic) et y inviter quelques sénateurs romains, lesquels étaient chargés d’apporter les boissons. Ce fut une fête grandiose, le vin et la bière de sel coulèrent à flot, Legos et romains, dans de joyeuses libations, buvaient allègrement jusqu’a la lie, vomissaient dans les chopes et s’empressaient d’en reboire le contenu. On attendit cependant les Bavarois toute la soirée, mais ils ne vinrent pas. Bref.

         Le lendemain, vu qu’il restait encore 12 légozanes et 136 centimes et que les romains étaient partis, Popol lança sans conviction un recensement des animaux dans les landes, étant donné ce que suggère le nom de l’institution lui appartenant.

 

 Exposition-ethnographique.JPG

 

 Réunion du Syndicat des Espèces Minoritaires lors d’une exposition ethnographique à Juvala. De gauche à droite, quatre minorités significatives : les arbres chantants, les dinosaures magnétiques, les cladonias frangées, les femmes. Photographie : Valérie Squelette pour Lego Soir.

Un recensement certes mené à bien sans difficultés, mais malheureusement révélateur d’un tragique déclin d’espèces très peu dispensables comme les myxomycètes géants. Qui, si ce n’est eux, limitera la population des poulets rôtis, dont on sait qu’ils font des ravages dans nos cultures et tuent assez régulièrement des nôtres dans d’odieux sacrifices à Nyarlatotep?

         Trêve de sensiblerie, personne ne regrettera le trop-plein disgracieux de ces champignons oisifs et gluants ; quant aux poulets, eh bien, s’il le faut, nous les mangerons. Ne dit-on pas que, faute de grives, on plombe des poules ?

 

 

 

 

 

La Rubrique de Mamie Douceurs…

         Il y a une semaine je vous contai les aventures les plus extraordinaires arrivées au cours de l’été dernier (c’était il y a trente ans déjà – comme c’est triste de vieillir) auxquelles succédèrent, avouons-le, des évènements quelque peu décevants quand on les compare avec les précédents ; alitée que j’étais depuis mon altercation avec – comment s’appelait-il déjà ?- le Citron, donc, je dévorai consciencieusement mes médicaments et mes choco-limaces préférées, quand, dans un grand bris de verre, un imbécile déguisé en chevalier m’interrompit dans mes pensées profondes en arrivant à bord d’un Gyravion des plus bruyants. Le Lego se présenta comme Richard Le Hardi. Comme il entreprenait de m’enlever, je lui assénai un violent coup de citron sur le citron pour qu’il ne se réveille pas. En effet, il ne se réveilla pas, et au bout d’une heure, alors que son corps commençait à se désagréger dans l’éther Lego (que nous appelons Ethergo) je dus en conclure qu’il était mort-bien-mort. Avant de perdre son cerveau ravagé d’acide citronique, je lui fis un petit lavage télépathique pour saisir ses obscures intentions de chevalier. Au cours de mes aventures synaptiques dans le cerveau et les pensées de feu Richard le Hardi, il m’arriva des aventures tout à fait anormales, que bien sûr et en deçà de toute pudeur élémentaire, je vais m’empresser de vous raconter.

La tenue du réseau lymphatico-nerveux du pauvre chevalier s’enfuyait comme aspiré par la bonde du lavabo à travers la blessure sur son front. Dans cette gabegie multicolore de neurones en folie, je perçus assez vite la forme grise d’un Fonctionnaire Synaptique en train de quitter le navire avec les rats. Je traversai un groupe de chauve-souris en pleine révolution pour atteindre le curieux personnage. Couverte des poils hérissés du duvet de chauve-souris, j’arrivais en tremblant auprès du fonctionnaire, engluée dans de la lymphe pourrie. « Holà cher amis, savez vous quelles Intentions ont été formulées par ce cerveau dernièrement ? » lui demandais-je. A quoi le fonctionnaire me répondit : « Je suis que coursier ma p’tite dame, faudra s’adresser au Bureau des Intentions pour savoir, mais là je crois que c’est un peu foutu vu que le bateau coule. » Ignorant avec bravoure ses conseils je m’approchai du château arrière d’un galion rococo à la dérive d’où s’échappaient des milliers de hussardes féministes brandissant les rôtis tout chauds des gérontocrates amateurs, dont le pouvoir autocratique venait de tomber. Je grimpais à bord et me retrouvais au Bureau des Intentions agité de tremblements modernistes parfaitement insanes. Les Dimétrodons vieillissaient trois fois plus vite que la normale, et on voyait les rides détruire peu à peu leurs corps. Dans les couloirs et jaillissant des faux-plafonds, les dernières Hussardes chargeaient des Saints Céphalophores égarés et attardés.

Le Président du Bureau des Intentions, jeune homme d’à peu près mon âge, rangeait des papiers et distribuait des pneumatiques à ses subalternes paniqués. Il y avait dans ses gestes la panique et l’impuissance propre à un cerveau qui meurt. Je lui demandais : « Savez vous quelles intentions ont été formulées ici il y a quelques minutes ? » il répondit, tout en sueur : « je ne suis au courant de rien, je ne suis qu’un élu vous savez, je ne prends aucune décision, je dois toujours me référer à un consortium de Dimétrodons mais [il regarde par la vitre de son bureau] il semble qu’ils soient tous morts. Essayez de consulter le téléscripteur, mais je ne vous promets rien. » Je le remerciai poliment et cherchai des yeux le Téléscripteur. Au loin, un vagissement asthmatique sonna la mort du réseau pneumatique.

Je fouillai depuis plus d’une minute dans les rubans emmêlés du Téléscripteur quand une minuscule et ridicule réduction naine de Richard le Hardi apparut dans les circonvolutions du papier. « Ah, c’est vous que je cherchais », lui dis-je. « Que me vouliez-vous à la fin ? » Il baissa alors la tête, confus et coupable, et avança un faible « pardonnez moi Cousine, je voulais juste vous emmener au cirque ».

Là-dessus, la structure du crâne du Grand Richard-le-hardi commença à se fissurer. Je jugeais qu’il était temps d’arrêter là cette altrospection, pour regagner mon corps.

Du pauvre Richard le hardi, en qui je n’avais pas reconnu mon Cousin bien aimé, il ne restait qu’une flaque de Jelly protoplasmique.  J’appelais la police pour faire une déposition. Dans le sillage des policiers, vint aussi un médecin à l’air démoniaque qui promit, en récupérant un échantillon de Richard, de le reconstituer. Enfin, je sonnai Annah afin qu’elle nettoie le sol.

 

Merci, Mamie Douceurs !!

Par Alain Bsent
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Dimanche 21 février 2010 7 21 /02 /Fév /2010 17:11

N°9, 1 légozane. Prix unique pour tout le royaume et au-delà.

 

 

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LEGO SOIR

 

Journal de divertissement populaire illustré fondé le Mercredi, à parution aléatoire.

Edité à CRAPIGRAD, chez MM. Ncompétant et Bsent.

Gravures de Maître Gérard Lemercier, graveur à l’acide à Crapigrad.

Photographies de Valérie Squelette.

 

Ouverture de la ligne Juvala-Crapigrad : informations

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Portrait : l’admirable fonctionnaire

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Résolution d’un authentique conflit littéraire ce soir à Juvala.

*

Bulletin du front : les troupes Juvaloises à l’assaut de Fantastik Gulch

*

Le Prix Bobel enfin attribué

*

Mamie Douceur (l’unique).

 

Ouverture de la ligne de train de Juvala à Crapigrad : on nous informe

Depuis longtemps on nous avait promis la création d’une ligne de train qui serait peut-être express et qui irait, comme nous l’ont annoncé notre Roi et le Docker, notre sanglant et sauvage chef bien aimé, « d’une ville à une autre ville de notre royaume, selon les moyens ». Les travaux qui s’effectuaient derrière le bidonville de Crapigrad depuis 68 ans nous fit deviner qu’ils essayaient de poser des rails en les collant sur le sel avec du saindoux, ce qui ne marchait pas très bien. Depuis quinze jours ils ont abandonné cette idée, parce qu’ils auraient entendu parler d’une nouvelle technique révolutionnaire consistant à fixer les rails au sol avec des clous. La ligne fut terminée en seulement 3 minutes et 45 secondes sur une longueur de 487 kilomètres grâce à l’achat d’un pistolet à clous géant par la municipalité. Après un magnifique discours de quatre jours que nous a récité le Roi, nous avions put comprendre que la ligne allait de la Judée au pays des merveilles, ou bien de Juvala à Crapigrad. Nous avions pu en déduire que le train allait du port de Crapigrad à la capitale, car on nous a laissé l’honneur de jouer avec les locomotives et nous avons pu voir que le terminus était bien à Juvala, à moins que cette ville se trouve en Judée et que Crapigrad soit le pays des merveilles. Côté matériel, le pays a racheté un vieux wagon plat pour les marchandises et les passagers des jours de grande affluence, une motrice à vapeur utilisée sur les lignes de tramway de Legocity il y a plus de cent ans, et une vieille baladeuse Lacoste & Brieux à accumulateurs de fabrication fantastikoise qui servait au réseau de tramway de Niegormotgradorzgorodsk il y a quelques années, jusqu’à ce que le maire de cette ville décide de moderniser son réseau de transports en commun, à la pointe de la technologie, comptant une ligne de tramway de 14 mètres de long et une rame. Et maintenant, nous vous souhaitons tous un (pas) très  bon voyage dans le nouveau train et par la même occasion, une excellente fête de la saint Hareng !             

 

Renseignements et vente de billets de train et de poulets rôtis à la seule gare terminée, à Crapigrad, 2., virgilusstrasse.

 

Portrait :

Jeune, beau et paumé

         Dans ce qui se présentera sans doute comme une liste exhaustive de ceux-qui-réussirent [dans la société], nous nous devons à présent parler de la plus admirable personnalité de Crapigrad (après le Docker et aussi pas mal d’habitants au cadre de vie très moyen), résidant dans un wagon à la sortie du bidonville, répondant au doux nom de M. Balayeur, et dont nous allons nous efforcer de raconter la merveilleuse histoire.

         Tout a commencé à l’époque où il dirigeait une expérience de voyage dans le temps appelée Code Puantum. Lors de ces expériences, une horloge cosmique déréglée le fit passer de l’état de physicien, à celui de pilote d’essai (nous ne préciserons pas comment ; les propos de M. Balayeur étaient pour le moins incohérents), ce qui aurait pu être amusant s’il avait su piloter [l’horloge]. Au moment du décollage, un certain Albe, son ange gardien, lui apparut et prit les commandes de l’horloge cosmique, ce qui aurait pu être amusant s’il avait su piloter. Tout ça pour dire que le vol du vaisseau, n’ayant pas atteint la vitesse escomptée, se termina en un crash épouvantable contre un satellite qui, d’après l’humble fonctionnaire, portait la moustache.

         Nous le vîmes, son vaisseau, entrer dans l’atmosphère après un bref passage dans l’espace périphérique ; c’était le 14 mars 1948.

Depuis, traumatisé par la mort de Albe (on ne retrouva que ses cheveux) et encore sous le choc, il se croit sur la planète Platoplaxur, peuplée de Lachanoptères, et prétend en avoir été fait l’esclave, forcé de balayer les rues (en réalité c’est le docker dont il est esclave). Il ne retire jamais son casque en dehors de son module lunaire, et a tué à plusieurs reprises à l’aide de son merveilleux hypersustentateur à particules (notre photo). Il fut cependant acquitté de ces quelques broutilles pour avoir été « le meilleur clown de la région » et pour avoir bien travaillé. Voilà.


Balayeur-analyste.JPG

Le Congoure contesté d’Herbert Poliplocastus

 

Le prix littéraire annuel Congoure (auteur naturaliste du XIXème siècle avant Jésus-Cri), remis hier, a été cette année particulièrement controversé. 1204 fut une année exceptionnelle pour la littérature de notre beau pays puisqu’il y eut deux concurrents au concours, ce qui est très au-dessus de la moyenne. En lice : Je savais cuisiner de Saint Bavon le Grand et Considérations augustes sur la romance d’une tomate qui parle d’Herbert Poliplocastus. Le jury, formé par les éminences grises Sa Majesté le roi Roi Ier, le docker de Crapigrad et le fantôme de Lincoln, n’avait pas oublié le scandale médiatico-gastronomique causé par le best-seller de Saint Bavon, et son jugement fut sans équivoque. Les Considérations devaient remporter le Congoure cette année.

         Le lendemain, d’exsangues et doctes momies défilaient dans la rue, plaidant pour la réparation d’une gigantesque injustice littéraire. Après une courte interview, il apparut que la cause défendue par les canoniques et gastronomes critiques était autre que le Congoure mais que celui-ci n’était pas non plus un mauvais sujet de plainte. On les a donc vus arriver en trombe et en grande pompe à la salle des fêtes de Niegormotgradorzgorodsk où s’était tenue la remise des prix, tuant gardes, éminences grises, femmes et enfants pour accéder au responsable du concours, un certain Manolo Duharzuglou Croustipurée. Après menaces, tortures et quelques mains coupées, Duharzuglou accepta la réouverture du concours, à la seule condition qu’il puisse y présenter sa propre composition : une analyse de huit cents pages en couleurs, dont sept cents quatre-vingts pages blanches, traitant du passé tumultueux de la Nonne Volante (curieux personnage qui planait d’un cumulus à l’autre à l’aide de sa cornette).

         La résolution du conflit tiendra à ce que le jury tienne compte de détails oubliés dans le grand œuvre de Saint Bavon, comme ce passage où il est question de l’association improbable mais fructueuse de beurre, de farine, de sucre et d’œufs. Il en va de la vie du public, sous la constante menace des pro-Bavon.

 

 

 

 

 

Bulletin du front

 

Encore des morts, c’est ce que rapporte notre bon reporter, tout à son aise dans son auguste rôle de journaliste de guerre (ci-devant Alain Bsent). Encore des morts, et pas beaucoup d’espoir de voir la guerre se terminer bientôt, l’ennemi mettant injure sur injure contre nous. 

Les chars Alécramois ont vaincu nos chevaucheurs de chamois à la colline de Chamovitzic, et les cent-vingt lutins juifs pliants ayant juré de nous aider sont devenus des fantômes verts à la voix de bassistes russes incapables d’honorer leurs obligations militaires. Les ennemis en ont profité pour ravir la casquette du sergent des voltigeurs de Juvala, pour en faire semble-t-il une lampe. Les troupes de Fantastik ont survolé nos lignes en ballon captif pour nous bombarder de poulet sauce curry, et une crise de nerfs généralisée a saisi les bons soldats au matin du huit février.

Le vent est tombé le jour suivant, et nous eûmes la joie de  voir les ballons captifs   Fantastikois écrasés dans les champs de paratonnerres bordant Alécrame.

Un bégonia fou a dévoré les chevaux Alécramois entreposés  dans un entrepôt du sud de la ville ; la plante a reçu une décoration à titre posthume, car elle a été fusillée par les Narvals Vengeurs du Groupe X (division services secrets du Bureau pour la Guerre de Vidistopal, D.S.S.B.G.R.), qui ont rejoint Fantastik.

Nous fûmes ensuite survolés par les survivants des escadres volantes des vagues successives de Zeppelins et de Hindenburg, et d’autres prototypes de généraux prussiens, qui nous bombardèrent copieusement.

Un steamer de Sémiovic, au Sud de Crapigrad, a été bombardé par la DCA de Vidistopal, et coulé.

Pour une illustre vengeance, les troupes combinées de Niegormotgradorzgorodsk, de Juvala, d’Aupsvitsch, et de Lerotmanik sont entrées dans Fantastik Gulch, et une bataille sans précédent a éclaté. Aux dernières nouvelles, une charge de chevaliers lutins a tenté de ralentir la progression des troupes de Juvala, mais sans aucun succès.

Mais le succès de nos armées n’eut pas le retentissement espéré : au contraire

il fut le signal du lancement d’une offensive de grande instance et de droit divin : des dizaines de dieux, de demi-dieux et autres arrivèrent dans une musique de joie .S’ensuivit un combat pour la prise finale de la ville qui, naturellement, ne vint pas : tandis que les renforts juvaliens chargeaient pour ainsi dire au ralenti, c’est-à-dire en cherchant à éviter les œufs, germes d’abricots et autres pièges, les deux camps durent se retrancher, les premiers au Sud-ouest et les autres en bas. La Grosse Bertha tira pendant une heure entière, puis la Grosse Charlotte tira à son tour ; de part et d’autres lourdes étaient les pertes. Les cadres en particulier : le régiment des Colonels a entièrement disparu dans le tumulte tandis que celui des Généraux a été réduit à un membre.

  Cette hécatombe s’avéra pourtant providentielle : l’unité de commandement rétablie, nous pûmes lancer une glorieuse et victorieuse contre-attaque qui au bout de seulement trois jours de massacre, nous assura à nouveau une indiscutable victoire. L’unique survivant du Régiment des Maréchalissimes, le Commandant des Foutraques, témoigne : « Notre victoire n’en est que plus éclatante » ; sur quoi le Général lui assène un violent coup de savate et corrige : « Ma victoire ». Nous n’avons pas l’avis de nos 123.543 morts toutes armes confondues mais, n’est-ce pas, il n’est pas très important.

 

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La Dernière charge. Huit mille morts. Photographie : Valérie Squelette pour Lego soir.

 

 

Importantes avancées en systématique ; les marchands de citrons fulminent

         Encore un prix, puisque c’est la saison des récoltes et qu’il faut certes les distribuer avant la date de péremption. Aujourd’hui, le Roi de Suédée a remis en toute belle tenue impériale la récompense suprême en matière de sciences, le Prix Bobel, à, fait pas constaté depuis quarante millions d’années environ, un natif de notre glorieux pays : Icare Grec. La récompense, que l’homme de sciences préfère, à ses dires, attribuer à son canari, lui a été offerte en gage de reconnaissance pour ses travaux sur la systématique et la chaîne trophique des animaux de la Lande, d’après laquelle nous apprenons que nous, Legos, sommes de très proches parents des champignons présents en nombre au nord de Lopoliv (notre diagramme).

 Systématique Grecquéenne

 

 fig. 34587 :  Gravure : G. Lemercier pour Lego Soir, d’après Grec.

         Quant aux durs travaux menés sur la chaîne alimentaire dans la faune des landes, ils ont montré une sinistre réalité : lassés de chasser promeneurs et lutins, les grands prédateurs comme le Dino-Cœur ou le requin terrestre, s’approvisionnent en protéines à la supérette du coin, dans l’espoir de voir des proies faciles et goûteuses comme le corned-beef sauvage repeupler les plaines.

         Le prix, consistant en un paquet de sucre, permettra à notre savant local de reprendre ses recherches à un rythme soutenu.



Mamie Douceurs en enfer…

L’été dernier, j’ai rencontré un personnage fantastique, lors d’un échange d’étude avec le campus universitaire de Lopoliv. En réalité, je ne l’ai pas rencontré à Lopoliv même, mais plutôt dans un coin proche de la banlieue, qui s’appelle Goligoun. Goligoun n’est ni un lieu-dit, ni un hameau, ni un satellite de l’agglomération de Lopoliv, mais plutôt une sorte de relais entre cette ville et la prochaine ville (qui s’appelle Ministeack). Il y a là une brasserie, un enclos à moutons géants, et une guérite de garde-frontière qui donne, selon la légende, sur un vortex secret menant à la sixième dimension, au septième élément et à la Grande Cité Interdite de Magna matirolbad. J’ai entendu des histoires très curieuses sur cette guérite, qu’ils appelaient tantôt « Guérite maudite », « Guérite de la mort », ou encore « Guérite du Savoir ».  J’ai lu une étude très sérieuse d’un brave savant d’Aupsftritch,  Colomacus, qui prétendait avoir pénétré dans la guérite et n’avoir rien vu des démons et autres mutants des légendes.

Je me suis retrouvée face à cette Guérite toute verticale, à la peinture craquelée et érodée. J’étais là pour faire un compte-rendu sur les légendes rurales. Sur le seuil, je ne fis pas attention aux pentacles étoilés tracés avec le sang d’un lego égorgé qui se trouvait non loin, et franchis les quelques pas qui me séparaient du mur du fond. Je pris mon courage à deux, ou même à trois mains, et entrai dans la Guérite. Il y faisait très sombre, et la poussière accumulée ici depuis des milliards d’années faillit me faire éternuer. Un charmant citron séché me proposa de passer l’aspirateur. J’en fus très flattée, et une fois la poussière faite, je découvris un charmant petit salon orné de têtes de ministeack et de poissons pourris à la place de cette pièce poussiéreuse. Le citron me remercia comme le meilleur gentleman et m’offrit un pot de rillettes. Mais derrière un fauteuil en cristal, je remarquai un trou dans le mur. J’y pénétrai malgré les conseils du citron.  

Encore un trou, encore un passage, encore un tunnel : la mémé radote !

Eh bien oui, je radote, car au bout de la galerie, je découvris non sans dégoût le spectre Descartes ; photophage luisant qu’il était, il brillait plus que de raison, refusant de se restreindre à la pâle lueur en vigueur chez les gens de son espèce. Tout cela, disait-il, pour mettre en valeur l’intensité dramatique de la scène ; il avait en effet une importante nouvelle à m’annoncer. D’une voix convenable à ceux de sa race, c’est-à-dire rauque et ponctuée de toussotements et de petits jets de vomi, il prit la parole dans un micmac de feux follets et de culbuto tournoyants :

         « Madame Douceurs, vous qui m’entendez, répondez au caprice d’un pauvre dieu grec. Apollon, puissant archer, a perdu son citron qui est une muse incomparable !

Le citron refuse de revenir avant d’avoir pu boire un Thé  au Jus de Viande, trésor introuvable et réservé aux dieux et à leurs ustensiles, agrumes compris. Votre mission, si vous l’acceptez, et vous avez tout intérêt à le faire vu qu’un paquet de biscuits est en jeu, sera de combattre le Citron et de lui inculquer les bonnes manières. »

Forte d’une nouvelle grande responsabilité, je retournai donc dans le salon où m’attendait le fruit. Je sortis mon revolver à particules et lui assénai un puissant jet de positrons. Sa riposte fut sans équivoque : de la pointe du citron, quarante représentants en assurances jaillirent et se jetèrent sur moi avidement. Projetée à six mètres sous la charpente de la guérite, le citron m’asséna le coup ultime : un météore violet, toujours sorti de l’extrémité du fruit, m’atteignit au visage. Je n’eus que le temps de constater que l’aérolithe était habité par un vieil homme barbu et débonnaire, qui dévorait le pot de rillettes aperçu plus tôt. C’est alors, au moment même où je fus projetée violemment hors de la guérite, que je compris toute la mécanique de cette épouvantable mise en scène.

Au petit matin, je me réveillai à l’hôpital, entourée par mes admirateurs, dont le professeur Doubledoor, enseignant la magie quantique. Sur ma couette se trouvait un paquet de biscuits entamé. Le professeur me dit l’air grave que Goligoun m’avait épargné la peine d’ouvrir mes choco-limaces. Ses lunettes en demi-lune avaient vraisemblablement besoin d’être huilées puisque les friandises offertes n’étaient autres que de délicieux caquitos aux noisettes. Je fus émue de cette délicate attention et me rendormis en paix.

 

Merci, mamie Douceurs !!!

Par Alain Bsent
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